EDITO
INTERVIEW
ECHOS DE LA 9ème PROMOTION DE SALA BAÏ
COUP DE POUCE
NOUVELLES DE SRE AMPIL
LA FRANCE EN BREF
PROCHAINEMENT
Dîner de levée de fonds au lycée hôtelier de Saint Nazaire
Xavier Eschermann a souhaité alléger son engagement au sein de notre association, après en avoir été le Président pendant cinq ans. Il reste parmi nous en tant que Vice-président et le Conseil m'a nommé Président pour le remplacer. Merci à Xavier de tout le travail accompli. Merci aussi de rester présent et de continuer à nous apporter son expérience et son énergie.
Changement dans la continuité, volonté de progrès et fidélité aux valeurs d'Agir. 25 ans après sa création pour apporter une aide d'urgence aux réfugiés cambodgiens des camps de Thaïlande, Agir continue son action quotidienne auprès des jeunes Cambodgiens les plus démunis.
Tous ceux qui visitent nos programmes sont frappés, comme moi, par l'énergie, la motivation et l'espoir de tous les jeunes qu'ils ont rencontrés. Qu'il s'agisse des enfants et des adolescents de Sre Ampil, que nous aidons en contribuant au financement de la Fondation khmère pour la paix, la justice et le développement animée par Son Soubert ou qu'il s'agisse des cent étudiants formés, chaque année, à l'école hôtelière de Sala Baï, qu'Agir a créée, gère et finance intégralement. Pour poursuivre notre action, je me permets de vous solliciter car nous avons notamment besoin de parrains pour prendre en charge nos élèves. Merci infiniment pour le soutien que vous pourrez nous apporter.
En cette fin d'année, je me joins à toute l'équipe d'Agir pour le Cambodge, aux enfants de Sre Ampil et aux jeunes de Sala Bai pour vous souhaiter, à tous, de très bonnes fêtes de Noël.
Georges-Henry Le Roy
Président d'Agir pour le Cambodge
Interview de Sam Mc Goun "Sala Baï ou la recette du succès"
Sam McGoun, 38 ans, vice-président et directeur général à American Express International à Singapour, soutient Sala Baï, en participant notamment à des compétitions sportives pour lever des fonds : marathons, triathlons... Il a également créé le réseau Touch. Du 16 au 18 novembre derniers, il était à Sala Baï. Interview.
« Sala Baï est bien davantage qu'une simple école hôtelière; c'est une aventure qui transforme, en onze mois, la vie de jeunes Cambodgiens et de leurs familles. Cette école les sort de la pauvreté, leur offre une indépendance financière et les aide de se construire. En prendre conscience vous fait adhérer à ce projet. Ce dernier peut d'ailleurs s'enorgueillir de résultats record, puisque tous les élèves trouvent du travail à la sortie de l'école. C'est une véritable recette du succès. Ce qui m'a le plus touché : la différence de comportements entre les étudiants débutants, qui baissent la tête et semblent mal à l'aise, et les jeunes salariés très professionnels, que l'on retrouve onze mois plus tard dans les hôtels et les restaurants. Ils ont pris confiance en eux et en l'avenir.
En onze mois, durée pourtant très courte, tout a radicalement changé pour ces jeunes. Il faut le voir pour le croire. Ce succès est bien évidemment le résultat de leur motivation et de leur travail, mais aussi de l'implication du personnel local et des volontaires français. L'ambassade américaine au Cambodge soutient d'ailleurs Sala Baï, car le temps et l'argent y sont bien dépensés et parce que cette formation a des résultats incroyables. L'accent est mis davantage sur la qualité que sur la quantité, on le comprend immédiatement en parlant avec les volontaires et le personnel. Quant aux hôtels partenaires, Sala Baï leur apporte une main d'oeuvre qualifiée. C'est évident.
Il faudrait vraiment que davantage de personnes découvrent cette école hôtelière unique car il faut le voir pour le croire. C'est une expérience qui change votre vie. Je ne l'oublierai jamais et c'est un honneur de la partager.»
Avant qu'un premier groupe de 50 élèves parte en stage, les cent élèves de la 9ème promotion ont eu leurs premières évaluations. Bilan après deux mois de formation.
«Bien sûr, les derniers du classement ont encore beaucoup à faire avant d'atteindre un niveau satisfaisant, mais d'expérience, je n'ai jamais vu d'élèves ne pas progresser après ces premiers contrôles,» souligne Anne Rolland, chargée de la coordination des études. En effet, le départ en stage, pour huit semaines dans les hôtels, de la moitié de la promotion, réduit l'effectif et permet ainsi aux professeurs de travailler davantage avec les élèves en difficulté.
C'est en mathématiques et en anglais, deux matières peu pratiquées pendant leurs années de déscolarisation, que les élèves devront fournir le plus de travail. En anglais, la disparité des niveaux montre que les bénéficiaires de cours prodigués au sein des pagodes ou grâce à des ONG peuvent atteindre un très bon niveau. Les notes de pratique de chaque métier, nouvellement enseigné, sont satisfaisantes, tout comme les notes de théorie, alors qu'elles exigent pourtant un gros effort de mémorisation. Quant aux stagiaires, qui vont mettre leur apprentissage théorique et pratique en application pendant deux mois, « après avoir craint de quitter l'école pour partir en stage, ils ont repris confiance en eux et se plaisent dans l'hôtel qui les embauchés» confie soulagé Khemara, coordinateur des travailleurs sociaux, dont le rôle est essentiel dans l'accompagnement des étudiants tout au long de l'année.
La durée moyenne de déscolarisation des élèves de cette promotion est de quatre ans, certains ayant quitté l'école depuis plus de dix ans. Professeurs et travailleurs sociaux de Sala Baï, fidèles à leur mission, offrent une chance à ces jeunes déscolarisés depuis si longtemps. Témoignages.
Phary a quitté l'école à l'âge de 12 ans, elle en a 23, l'âge maximum de recrutement des élèves à Sala Baï. Onze années sans ouvrir de livre, ni beaucoup écrire. Un défi que Phary a voulu relever. Elle termine ces premiers contrôles avec une moyenne honorable de 10,62. Des élèves déscolarisés depuis neuf ans, ont également obtenu des résultats tout à fait honorables, leurs notes de pratique se situant au dessus de 13 sur 20.
Ces résultats encourageants confortent l'équipe de Sala Baï dans la sélection des élèves. Forts de leur expérience, professeurs et travailleurs sociaux, considèrent que la motivation, le travail et le potentiel personnel peuvent permettre à des jeunes de surmonter leurs lacunes scolaires.
Coup de pouce
Edités par l'association française de lutte contre l'illettrisme, Sipar, ces livres permettront aux élèves d'aborder les heures douloureuses de leur passé, de mieux connaître et de s'approprier leur histoire. Véritables outils pédagogiques, ils sont abondamment illustrés et écrits en langue khmère avec un vocabulaire assez simple. Chaque ouvrage coûte 2,25$, soit 1,70 euros.
Nous avons besoin de 177 euros pour acheter ces manuels scolaires.
Si vous souhaitez y contribuer, vous pouvez :
- faire un don via notre site internet
- envoyer un chèque à Agir pour le Cambodge 120, avenue de Suffren 75015 Paris.

Nouvelles de Sre Ampil
Tous les dimanches matins, fidèle au rendez-vous depuis 1994, Madame Theay vient à l'orphelinat de Sre Ampil pour y donner des leçons de danse et de musique aux enfants. Véritables moyens d'expression pour ses pensionnaires au passé tourmenté.
« Au même titre que d'autres établissements scolaires utilisent le théâtre, nous nous appuyons sur la danse et la musique, si importantes dans la culture cambodgienne pour permettre aux enfants accueillis à Sre Ampil de s'exprimer, autrement que par la parole » explique Son Soubert. «C'est un moyen de reprendre confiance en eux» ajoute-t-il.
Une représentation, sous la houlette de Madame Theay, ancienne danseuse du ballet royal, rescapée du régime des Khmers rouges, est proposée tous les dimanches matins aux visiteurs.

La France en bref
Le 17 novembre dernier, le lycée hôtelier de Grenoble a organisé un dîner khmer au profit de Sala Baï dans son restaurant d'application, le Beaumarchais. Grâce à l'initiative de l'équipe enseignante et à la forte implication des élèves des classes de 2nde baccalauréat, de mise à niveau BTS et de terminale BTS, un somme suffisante a été récoltée pour permettre à un jeune Cambodgien de suivre une formation professionnelle l'année prochaine. Merci pour cette belle mobilisation.
Ecole hôtelière ou restaurateur, si vous souhaitez organiser un dîner de levée de fonds, n'hésitez à nous contacter.
Dans le cadre de son programme"Coup de pouce aux projets du personnel", la fondation BNP-Paribas va prendre en charge l'achat d'un four professionnel électrique à chaleur tournante pour l'école hôtelière de Sala Bai.
Le renouvellement de ce matériel va permettre de continuer à accueillir les clients de l'hôtel et du restaurant d'application dans de bonne conditions et de continuer à dispenser une formation gratuite et de qualité. Agir pour le Cambodge et toute l'équipe de Sala Baï remercient BNP-Paribas pour son soutien.